Nuit au Panthéon

Il vous manque du temps pour visiter les musées ? Quoi de mieux que les nocturnes ? Mais les vraies nocturnes… celles qui se font à la lampe torche ! C’est ce que la ville de Paris propose avec sa 3e édition de la Nuit au Panthéon jusqu’à la fin du mois. Imaginez l’obsurité dans ce lieu magique, chargé d’émotions avec comme seul guide des lampes torches ! Dépaysement et désorientation assuré ! De la Nef à la crypte (même pas peur) en passant par l’exposition du moment consacrée à Georges Clemenceau, bousculez vos habitudes de consommation artistique 😉 J’y ai (enfin) découvert le pendule de Foucault qui avait permis de prouver la rotation de la Terre ! Ou encore (plus glauque) le coeur de Léon Gambetta. (et oui, il s’appelait Léon au passage 😉
 
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Franz West – Beaubourg

Je me faisais une joie d’aller à rétrospective de Franz West à Beaubourg, depuis que je l’avais découvert lors de la dernière Fiac hors les murs. Il y avait l’une de ses œuvres aux Tuileries, en face de la place Concorde.

En ce samedi pluvieux, après 30 minutes d’attente (sous un savoureux petit crachin parisien) me voilà, enfin, arrivée au niveau 2 du centre Pompidou.

Bon… et là je dois vous avouer que j’ai été quelque peu déçue. Je m’attendais à des œuvres monumentales, colorées et j’y ai trouvé des très petits dessins et des gouaches, qui seraient influencées par Klimt. Il y avait aussi des installations manipulables : ça c’était chouette et des sculptures en papier mâché.

Et enfin : le graal, ma récompense, la réponse à ma quête de cet aprèm exposition, des immenses fauteuils rose en forme d’anus. Il a en effet créé des centaines de sculptures d’extérieur, considérées comme des répliques humoristiques. On ne peut quand même pas lui enlever qu’il a une capacité d’invention plastique exceptionnelle.

Une fois de plus, Beaubourg nous transporte dans l’univers d’un artiste, lui offre une scène d’expression et nous donne à voir, découvrir nous, pauvres petits visiteurs de nouvelles créations.

Bernar Venet Musée d’Art Contemporain Lyon

Lorsque j’ai vu que le musée d’Art contemporain de Lyon proposait une rétrospective de Bernar Venet, je me suis dit : chouette, des œuvres monumentales et en acier en perpective ! Mais que nenni ! C’est plus de 170 œuvres présentées : premières performances, dessins, diagrammes, peintures, jusqu’aux photographies, œuvres sonores, films et sculptures, retraçant ainsi 60 années de création.

Toutes les étapes de sa création y est décrite. A 20 ans il disait « souhaiter retirer toute charge d’expression contenue dans l’œuvre pour la réduire à un fait matériel ». Bon… une fois qu’on a dit ça, on comprend mieux pourquoi son œuvre, présentant du goudron étalé sur le sol est réduite à son plus stricte appareil. Il s’est même approprié l’astrophysique, la physique nucléaire, la logique mathématique… qui a dit que les artistes étaient (simplement) fous !?

L’œuvre protéiforme de Bernar Venet reste encore mal connue car elle est souvent exposée partiellement. Il faut la re/contextualiser, comme toujours, pour en comprendre son intégralité afin d’en cerner l’ampleur, la complexité, la poésie et l’évidence. J’avoue ne pas avoir trouvé spécialement belles l’intégralité de ses œuvres, mais j’ai été servie en matière d’œuvres monumentales !

De quoi me rappeler son exposition à Versailles en 2011.

Les impressionnistes à Londres

Rien ne pouvait me rendre plus joyeuse, en ce dimanche pluvieux, qu’une promenade dans l’un de mes musées préférés, pour y voir des peintres impressionnistes (ahhh j’adore) le tout à Londres (ahhh j’adore).

J’y ai même découvert des artistes comme Carpeaux, Tissot, Daubigny qui se sont installés à Londres. Ça change des Monet, Sisley et Pissaro, même s’ils étaient aussi de la partie !

Cette exposition n’est pas seulement un enchaînement de tableaux, c’est véritablement un voyage dans cette ville,

grâce à une scénographie jonchée de témoignages sonores. On est alors immergé dans le quotidien des artistes français en exil à Londres à cette époque.

Et pour finir en beauté cette expo, passage obligé par le jardin, pour une boisson chaude bien méritée.

Enfance Palais de Tokyo

Cela faisait bien longtemps qu’aucune exposition du Palais de Tokyo ne m’avait tentée.

Mais cette nouvelle saison, intitulée Enfance, m’a réconciliée !

Plusieurs artistes nous replongent dans nos souvenirs et autres jeux d’enfants.

Tout commence par un accueil magistral : une maison de poupée recouvre la façade du Palais, œuvre plus grande que nature ! On passe ensuite dans une salle de classe avec des bureaux d’écoliers grand format avant de passer devant un mur recouvert d’un abécédaire.

D’autres œuvres sont plus compliquées à décoder, comme souvent dans ce lieu…!

Ne manquez pas la sieste des clowns, une salle habitée d’une vingtaine de personnages haut en couleur qui semblent endormi.

Perle de cette expo : l’œuvre de Laure Prouvost qui vient d’être choisie pour représenter la France à la Biennale de Venise en 2019.

Ces œuvres nous permettent de réfléchir sur notre passé qui influe sur la construction de nos identités. Une sorte de madeleine de Proust !

Détenues – Bettina Rheims Château de Vincennes

« Détenues » C’est le nom de l’exposition photos du moment au Château de Vincennes – dans la sainte Chapelle pour être plus précise. 50 photographies – portraits de l’artiste Bettina Rheims. Exposer des photos de femmes prisonnières dans un lieu Saint, quel scandale ! Pas tant que ça, quand on sait que le donjon de Vincennes servi dès le XVÈME siècle et jusqu’en 1784 de prison pour les femmes.

C’est l’univers carcéral qui se confronte au monde artistique. Comment se construire, se représenter, être femme dans un lieu clos, privé de liberté. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la raison qui les avait conduite ici – à imaginer leur vie, à me mettre à leur place, encore plus que d’habitude.

Ces femmes sont lumineuses et touchantes et magnifient ce lieu.

Une fois de plus, B.Rheims aura réussi à nous toucher avec des portraits de femmes.

Les Hollandais à Paris – Petit Palais

Vous en connaissez, vous, des peintres Hollandais ? A part Van Gogh je veux dire. Non ? Moi non plus ! Bien que je sois effectivement archi – diablement – carrément addictofan (oui, j’invente des mots, je fais ce que je veux) de Vincent, je ne connaissais aucun de ses compatriotes avant la nouvelle expo du Petit Palais.

C’est avec un parcours chronologique (oh qu’on les aime ces parcours par dates, on se repère mieux je trouve, non ? pas vous ?) donc, ce parcours nous raconte les liens qui se sont noués entre les artistes hollandais et leurs confères français, les influences, échanges et enrichissements mutuels à travers les figures de 9 peintres hollandais. Il faut dire que ces artistes hollandais avaient besoin d’inspiration et de renouvellement pour qu’on cesse de les comparer à Rembrandt ou Rubens – ils seront ainsi bousculés par la créativité française. (Enfin à parisienne surtout 😉

Gérard van Spaendonck pour la fin du XVIIIe et Ary Scheffer pour la génération romantique. Jacob Maris, Johan Jongkind et Frederik Kaemmerer pour le milieu du XIXe siècle et enfin, George Breitner, Vincent van Gogh, Kees van Dongen et Piet Mondrian pour la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle.

Leurs oeuvres sont présentées aux côtés de celles d’artistes français contemporains comme Géricault, David, Corot, Millet, Boudin, Monet, Cézanne, Signac, Braque, Picasso pour y donner à voir les correspondances et comparaisons.

Ce sont au total 115 oeuvres venus des Pays-Bas, mais aussi d’autres musées européens qui nous sont offerts pour démontrer l’influence des artistes français sur les peintres hollandais venus en France pour profiter des opportunités de carrière, d’un marché de l’art émergent, et visiter les nombreux musées aux riches collections.

La scénographie est très bien pensée et laisse respirer les oeuvres – petit cadeau au cours de votre visite, un atelier éphémère et participatif – dont voici quelques clichés (volés) oups, pas le droit de faire des photos 😉